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A la fin du Moyen-âge, le monde est sens dessus dessous. On dit que la nature est habitée de forces surnaturelles. On dit que les femmes sont visitées par des démons, la nuit. On dit qu’elles pratiquent la magie noire, concoctent des potions, se livrent à des incantations et des charmes maléfiques. Superstition et religion se confondent. Les prêtres même se dévergondent, les paysans se rebellent…

1485, Henri Institoris et Jacob Sprenger éditent le Malleus Maleficarum, Le Marteau des sorcières, un manuel pour inquisiteurs qui sera utilisé dans des centaines de procès pendant la Grande Chasse aux sorcières en Europe . Guide pour la torture et les procès de ces femmes, guérisseuses, mystiques, passionnées, ou juste nées femmes. Auréolées de fantasmes.

Le spectacle Malleus Maleficarum est un duo de bouffons qui se moque tour à tour des inquisiteurs, des médecins, desdites « sorcières », de la perfection, des normes, de la règle et de l’exception, du sacré, de dieu et du diable, des gentils et des méchants, de vous, de nous, et surtout d’eux-mêmes.

Les bouffons appartiennent à la folie, à cette folie nécessaire pour mieux sauver la vérité. On accepte du fou ce que l’on n’accepte pas d’une personne dite normale. On peut l’excuser lorsqu’il dit des paroles dérangeantes, mais on l’entend, comme le roi entend son fou. »

Jacques Lecoq, Théâtre du Geste